Une enquête de la commandante Elvira Toussaint

de Guy Escure

Couverture du livre : Mais qui voulait la peau de Lucien Valerneau ?

Un polar envoûtant entre Sète et l’Équateur

Avec Mais qui voulait la peau de Lucien Valerneau ?, Guy Escure signe une nouvelle aventure de la commandante Elvira Toussaint, figure désormais emblématique de ses romans policiers. Dans ce récit aussi subtil que trépidant, l’auteur déploie une intrigue foisonnante mêlant secrets de famille, pédocriminalité, vengeance et justice à l’ombre des pins sétois et sous le soleil équatorien.

Résumé de l’intrigue

L’affaire débute brutalement : Lucien Valerneau, industriel puissant et respecté de la région de Sète, est retrouvé assassiné dans le bois des Pierres Blanches. Ce patriarche à la tête d’une entreprise florissante de contreplaqué laisse derrière lui une famille nombreuse et influente, tous cadres dans la société familiale. Le meurtre secoue la communauté locale, mais l’enquête s’annonce complexe.

C’est la commandante Elvira Toussaint qui hérite du dossier. Femme de caractère, rigoureuse, sarcastique mais lucide, elle va s’immerger dans un véritable nid de vipères. L’entreprise Valerneau n’est pas une simple affaire de chiffres : c’est une dynastie où les non-dits, les jalousies, les abus et les trahisons tissent une toile d’araignée redoutable.

Alors que l’enquête patine, un second meurtre complique les choses : un homme inconnu, sans papiers, est retrouvé exécuté de deux balles dans la tête. Ce crime semble connecté à l’assassinat initial. Grâce à une investigation minutieuse et à une collaboration avec Interpol, Elvira finit par identifier le tueur : Caleb Herrera Quintero, un Colombien en fuite, ancien exécuteur pour les narcos, réfugié à Guayaquil.

Mais pourquoi cet homme s’en est-il pris à Lucien Valerneau ? Qui l’a engagé ? Peu à peu, Elvira découvre un secret de famille terrifiant : Lucien, le respectable chef d’entreprise, était un prédateur sexuel ayant abusé de ses petits-enfants. Le mobile du meurtre n’est donc ni financier, ni professionnel… mais personnel.

C’est Cédric Valerneau, l’un de ses fils, qui a commandité l’assassinat pour venger ses enfants et mettre fin aux exactions d’un homme qui ne craignait ni la justice ni Dieu. Il avait contacté un ami équatorien, qui l’a mis en lien avec Quintero. Le tueur a accompli sa mission, avant d’être lui-même tué pour son argent par un délinquant local, Apolis, ce qui permettra finalement de faire le lien et de remonter toute la chaîne.

Cédric sera arrêté, jugé, et Elvira, non sans une forme de compréhension, referme cette enquête douloureuse.


Les personnages : des portraits humains, parfois bouleversants

Elvira Toussaint, l’héroïne récurrente des romans d’Escure, s’impose ici encore comme une femme de terrain, intelligente, pugnace, et mordante. Sa vie personnelle, faite de solitude choisie, d’amants occasionnels, et d’un lien fort avec sa grand-mère, ajoute une touche de complexité au personnage. Elle est crédible, humaine, à mille lieues des super-flics hollywoodiens.

Cédric Valerneau, le fils vengeur, incarne la figure du justicier tragique. Son acte est répréhensible mais compréhensible, et Escure le présente non pas comme un monstre, mais comme un homme broyé par le silence, l’impuissance et le besoin de protéger les siens.

Vincent Valerneau, le frère, représente l’ambiguïté morale : au courant, horrifié, mais paralysé par la peur et les conséquences. Il incarne cette zone grise où la justice se heurte à la loyauté familiale.

Apolis, le petit truand, offre une facette plus triviale du crime. Voleur opportuniste, il précipite la chute de l’organisation en volant Quintero, sans se douter qu’il fera avancer l’enquête.

Enfin, les collègues d’Elvira – Marie-Sainte, Latude, « Pépère » – enrichissent le récit de leur dynamisme, leurs saillies comiques, et leur professionnalisme.


Une intrigue riche et habilement construite

Guy Escure excelle dans l’art du puzzle. L’enquête avance par strates : d’abord le cercle familial, puis le cercle professionnel, avant de bifurquer vers l’international. Chaque fausse piste ou nouvel indice pousse Elvira – et le lecteur – à reconsidérer l’affaire.

Le roman alterne scènes d’audition, filatures, interventions, mais aussi moments d’introspection, dialogues ciselés et touches d’humour. Le rythme est maîtrisé, avec des phases de tension et d’accélération bien dosées. À chaque chapitre, un nouvel éclairage, un retournement subtil, une nouvelle pièce du puzzle.

Le recours à une intrigue internationale, avec un séjour en Équateur, ajoute une dimension exotique et réaliste. Escure connaît bien l’Amérique latine (il y a vécu), et cela se ressent dans la justesse des détails.


Des thématiques puissantes et actuelles

Au-delà de l’enquête, Mais qui voulait la peau de Lucien Valerneau ? aborde des thématiques difficiles : l’inceste, le silence complice, les dysfonctionnements de la justice familiale. Le roman pose une question dérangeante : face à un prédateur protégé par son statut, que peut faire une famille ? Que peut faire la police quand les preuves manquent ? Et jusqu’où peut-on aller pour protéger ses enfants ?

Escure ne donne pas de réponse manichéenne. Il montre la complexité de ces drames, les dilemmes moraux, la douleur des victimes, le poids des secrets.

Mais l’auteur évoque aussi, en filigrane, la solidarité entre policiers, la nécessité de rigueur dans la procédure, et les limites du système judiciaire. Le ton est juste, ni cynique, ni angélique.


Le style Escure : mordant, précis, humain

Guy Escure écrit avec une plume vive, souvent ironique, mais toujours précise. Les dialogues claquent, les descriptions sont efficaces sans lourdeur, et les apartés humoristiques viennent alléger des thématiques graves sans jamais les désamorcer.

L’écriture est fluide, familière par moments (dans les échanges entre flics), mais aussi capable de profondeur, notamment dans les confessions ou les scènes intimes. Escure sait aussi créer une atmosphère, faire sentir la chaleur du sud, la moiteur d’un bureau de police, ou la tension d’une audition.

Le roman se lit comme on regarde une bonne série française : on rit, on frissonne, on s’indigne, et surtout, on veut savoir.


Pourquoi faut-il lire ce roman ?

Parce qu’il s’agit d’un polar intelligent, ancré dans la réalité sociale et psychologique. Parce qu’il évite les clichés tout en respectant les codes du genre. Parce qu’il donne la parole à des personnages humains, imparfaits, mais profondément crédibles.

Mais qui voulait la peau de Lucien Valerneau ? est un roman qui vous happe dès les premières pages et ne vous lâche qu’à la dernière ligne, avec un mélange d’émotion, de colère, et de satisfaction. Une œuvre à la fois divertissante et nécessaire, portée par une héroïne qu’on aimerait voir encore longtemps sur les routes de France… et d’ailleurs.


En conclusion : Guy Escure réussit un polar à la mécanique redoutable, enrichi d’une profondeur humaine rare. L’enquête est haletante, les personnages complexes, et le style savoureux. Une lecture à recommander à tous les amateurs de romans policiers modernes, réalistes et profondément humains.



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