Ian Brady – Myra Hindley

de Viviane Janouin-Benanti

Couverture du livre : Couple criminel

Viviane Janouin-Benanti, connue pour sa plume percutante et ses récits haletants inspirés de faits réels, nous livre ici un ouvrage glaçant et fascinant à la fois. Couple criminel – Ian Brady – Myra Hindley plonge au cœur d’une des affaires criminelles les plus abominables du XXe siècle britannique. À la croisée du roman noir et de l’analyse psychologique, l’autrice retrace la descente aux enfers d’un couple ordinaire devenu machine à tuer. Plus qu’un simple récit d’enquête, ce roman interroge l’âme humaine, les limites du mal, et la mécanique infernale de la manipulation mentale.


Résumé du roman

Dans ce roman, Viviane Janouin-Benanti retrace l’histoire réelle d’Ian Brady et de Myra Hindley, deux figures désormais tristement célèbres au Royaume-Uni pour avoir perpétré, dans les années 1960, une série de meurtres sordides sur de jeunes enfants et adolescents. L’ouvrage s’ouvre sur les enfances respectives des deux protagonistes, marquées par l’instabilité, la solitude, et une forme d’errance affective qui prépare le terreau de la perversion.

Ian Brady, solitaire et asocial, se nourrit dès l’adolescence de lectures sur le nazisme et l’eugénisme. Brillant, manipulateur, il développe un complexe de supériorité et un mépris profond pour « les faibles », qu’il considère comme inférieurs. Myra Hindley, de son côté, est une jeune fille influençable, blessée par une enfance difficile et avide d’amour et de reconnaissance. Leur rencontre agit comme un catalyseur. Très vite, Brady prend l’ascendant sur Myra, qu’il façonne à son image. Il ne se contente pas de l’aimer : il la modèle, la possède, l’éduque à ses propres pulsions.

D’abord simple témoin, puis complice, Myra devient actrice à part entière des crimes. Ensemble, ils séduisent, enlèvent, violentent et tuent. Leur signature ? La cruauté gratuite, l’humiliation, et le goût du spectacle. L’auteure nous plonge dans cette spirale du mal, jusqu’à l’arrestation du couple, puis leur procès retentissant en 1966.


Un style vif et une narration immersive

Ce qui frappe dès les premières pages, c’est le style de Viviane Janouin-Benanti : direct, fluide, empreint d’une tension dramatique maîtrisée. Loin du sensationnalisme, l’auteure joue sur l’effet de réalité. Chaque phrase, chaque scène, semble documentée, incarnée, vécue. On sent le poids des archives, des témoignages, des reconstitutions, mais transfigurés par la narration romanesque. Cela donne un roman qui se lit comme un thriller, sans jamais perdre de vue sa fidélité aux faits.

L’auteure adopte un point de vue quasi omniscient qui explore aussi bien la psychologie des tueurs que la douleur des familles des victimes. Les descriptions de Manchester, de la lande où les corps furent retrouvés, ou encore des interrogatoires en prison, sont précises, évocatrices. Le lecteur est happé dans cette ambiance brumeuse, oppressante, où l’inhumanité des bourreaux contraste avec l’innocence des victimes.


Un duo diabolique : Brady et Hindley

L’un des grands mérites de ce roman est de ne jamais tomber dans l’écueil de la simplification. Ian Brady n’est pas qu’un monstre : il est d’abord un adolescent en quête de pouvoir, frustré, intellectuellement arrogant, mais charismatique. Il développe très jeune une fascination morbide pour Hitler, Mein Kampf, les pulsions dominatrices. Son besoin de reconnaissance est abyssal ; il veut « laisser une trace », devenir le plus grand criminel de Grande-Bretagne.

Myra Hindley, quant à elle, n’est pas simplement une victime. Si l’on comprend à travers son enfance chaotique sa vulnérabilité, son besoin d’amour et de protection, Viviane Janouin-Benanti montre comment cette fragilité se mue en complicité. Pire : à mesure que leur relation évolue, Myra prend goût au mal. De dominée, elle devient partenaire. Elle ne suit plus : elle propose, planifie, participe pleinement aux atrocités. Sa froideur lors des procès, sa manipulation des médias et de l’opinion publique, son jeu de la « pauvre femme abusée » renforcent le malaise.

Ce basculement progressif de Myra est l’un des aspects les plus fascinants du livre. On assiste à sa déshumanisation : elle rompt avec sa famille, se coupe de la société, et plonge avec Brady dans une sorte de folie à deux où le meurtre devient un acte d’amour et de loyauté.


Le regard sur les victimes : une humanité restaurée

L’un des grands talents de Viviane Janouin-Benanti réside dans sa capacité à donner une voix aux oubliés : les victimes. Le roman ne se focalise pas uniquement sur les tueurs ; il rend aussi un vibrant hommage aux enfants assassinés, à leurs familles, à leur attente insupportable. Elle décrit avec émotion les recherches désespérées, les appels de mères envoyant des lettres depuis leur prison, les pleurs silencieux, la terreur sourde de ne pas savoir.

Ce contrepoint apporte une force éthique au roman. Ce n’est pas un récit de tueurs en série de plus. C’est un portrait complet, équilibré, d’un drame collectif : celui d’un pays choqué, d’une justice qui tâtonne, d’un système judiciaire qui frôle la faillite, et surtout, d’un peuple en deuil.


Une dimension psychologique et sociétale

Couple criminel n’est pas seulement un récit de crimes ; c’est une exploration des méandres de l’esprit humain. L’auteur interroge subtilement la part de liberté et de conditionnement dans le passage à l’acte criminel. Où commence la responsabilité ? À quel moment Myra Hindley cesse-t-elle d’être une victime pour devenir un bourreau ? Comment Ian Brady a-t-il pu faire de son intelligence une arme de destruction ?

De manière implicite, l’autrice questionne aussi le rôle de la société. Comment des individus aussi déviants ont-ils pu passer inaperçus ? Pourquoi personne ne s’est méfié ? Comment la fascination de Brady pour Hitler a-t-elle pu être ignorée, même lorsqu’il lisait Mein Kampf ouvertement à la bibliothèque ou au travail ?

On touche ici à une critique sociale plus large : celle de l’aveuglement collectif, de l’indifférence, du refus de voir le mal en face. Cette dimension donne une portée universelle au récit.


Pourquoi lire ce livre ?

Parce que ce n’est pas qu’un roman sur le crime, c’est un livre sur l’amour dévoyé, sur la manipulation mentale, sur le poids du passé, sur la lente déchéance morale d’un couple qui aurait pu ne jamais tuer. Parce qu’il vous prend aux tripes, vous dérange, vous interroge. Parce qu’il humanise les victimes et montre que le mal ne surgit jamais d’un seul coup : il se construit, insidieusement.

Parce que, malgré la noirceur du sujet, l’écriture de Viviane Janouin-Benanti évite le pathos. Elle ne cherche pas le spectaculaire, elle fouille, elle révèle, elle met en lumière. C’est un livre important, qui nous pousse à réfléchir, qui redonne une voix à celles et ceux que l’histoire a fait taire.


Conclusion : une œuvre dérangeante et nécessaire

Couple criminel – Ian Brady – Myra Hindley est un roman fort, intense, qui conjugue l’exigence du témoignage à la puissance de la fiction. À travers le prisme d’une affaire criminelle parmi les plus terribles du siècle dernier, Viviane Janouin-Benanti dresse un portrait bouleversant de l’inhumanité – mais aussi de notre société, de ses failles, et de ses silences.

C’est un roman qui vous poursuivra longtemps après l’avoir refermé.



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